mardi 18 octobre 2011

Terre éloignée, terre à perte de vue - { Akal n' Iba }

A perte de vue se dessine la ligne de l'horizon dans ses grandes plaines qui forment le Sahara.
A perte de vue la caravane perce le mystère qui fait peur aux initiés de cette atmosphère.
A perte de vue les nomades errent dans ces terres hostiles et tristes comme la mort au premier abord.
A perte de vue dans le lointain infini le vent ramène le temps dans le giron des collines agrémentées des dunes aux grains de sable fin.
A perte de vue les branches d'un acacia aux épines dorées comme les pointes des épées des guerriers
qui luisent au soleil et s'imposent à la vue de tous les voyageurs même aux gerboises qui jouent avec les crottes des brebis.
A perte de vue le temps n'existe plus, rien que le mystère de l'oubli.

Chante l'hymne endormi depuis la nuit, perdu dans le mirage qui fait office de mers englouties.
A perte de vue s'élèvent les tourbillons au ciel comme si le message était parti des terres hostiles
vers les cieux où tous les regards attendent une pluie qui donnerait vie à toute une flore et faune endormie.
A perte de vue le temps chevauche le vent vers les cimes des horizons qui bercent l'espoir d'un jour meilleur.
A perte de vue la soif et la faim ouvrent leurs portes à de nouvelles recrues qui ont signé leur arrêt de mort.
A perte de vue le temps s'écoule englouti par les ténèbres de la nuit qui sont toutes les mêmes.
A perte de vue l'homme néolithique a tracé sa route face à l'océan sans limite. 'Akal n'iba' se situe entre deux mondes celui d'hier et celui de demain. Aucun des deux n'est certain, l'un est passé et l'autre nous attend.
Souéloum Diagho

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