Le jour du dernier combat

Je t'invoque Dieu, le seigneur de mon âme,
Toi qui a décidé des années de ma vie,
Toi qui les a scellées au mois et au jour près.
A ce moment-là, il retiendra mon souffle
Et ils me conduiront à ma dernière demeure.
seront alors déposés ma selle et mon sac orné,
Mes bracelets de bras et mon épée.
Ce jour-là, les petits vautours se régaleront de ma chair.
Le charognard blanc planera sur mon sang.
Riront ceux qui souhaitent ma mort.
Se réjouiront ceux qui guettent ma succession,
Brûlera de chagrin le coeur de ma mère,
S'effondrera de tristesse ma soeur en sanglots,
Touchés au fond de l'âme, ma femme et mes enfants.
L'amour est une peste

Amis, pardonnez mon propos.
Ce que je dis est pure vérité
L'amour est une peste foudroyante.
Il déchire aussi bien les jeunes que les vieillards.
Il s'en prend même au fiancé.
Celle que j'aime, je peux la suivre même au fond du puits de Laghlagh.
Là où, dans la boue, l'hyène rayée a mis bas.
Là où grouillent les serpents,
Rampent les scorpions et bêle le python.
Même de nuit, j'y entrerai pour couvrir son cou de mille baisers
Et enlacer de mon bras son épaule et son dos.
Que nos vies cessent le même jour, je le souhaite.
Fatimata {lyrics}

Je quitterais sur le champ,
Rejoindre Oubari, travailler et me ressourcer,
Au nom de la coqueluche bleue,
Nommée Fatimata,
Je quitterais sur le champ,
Me patienter au bord de la fontaine,
M’arroser de son eau,
Humer ses fleurs,
Je contemplais ses cieux,
Des nuées des oiseaux,
S’envolaient et s’alignaient,
Au crépuscule, je me promenais,
Me voilà enfin,
Je suis le targui

Je suis le targui
assis sur la dune d'ocre,
l'homme bleu aux yeux gris
loin des mondes médiocres
sous mon ciel indigo,
épris du vent des sables
blanchissant les os
mêlant le chant de ma fable
aux cris des corbeaux
toujours charitables.
Ô mon désert d'abandon
ceint autour de mon front !
Tu portes la chèche
comme un long mirage
et sur ma langue sèche
j'ai pour toi un message:



